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Message Monseigneur ULRICH


Laurent ULRICH Archevêque de Lille
 ‘La joie de croire’
 
 
68, rue Royale – CS 60022 – 59042  LILLE Cedex – Tél. 03 28 36 54 11
 
Le 26 août 2020 
 
 
À ceux et celles qui travaillent dans l’Enseignement catholique
 
 
 
 Chers amis,
 
 Après l’année scolaire mouvementée que nous avons cependant pu clore au début de juillet au terme de quelques semaines de reprise, je vous espère bien reposés : c’était fort nécessaire pour chacun. Et nous voici au seuil d’une nouvelle étape à vivre tous ensemble.
 
 Tant de relectures ont déjà été faites de ces mois de crise sanitaire, et tant de précautions demeurent indispensables que je ne voudrais pas en ajouter : nous nous tournons ensemble vers l’avenir à accueillir, en faveur de l’école, promesse d’@venir, et bien commun à fortifier au service du jeune en croissance.
 
 Permettez que je mette cette année sous le couvert de quatre mots qui font le titre, et la matière, de la Lettre pastorale que j’ai adressée au diocèse le 1er mars dernier. Cette lettre, tout juste sortie de l’impression au moment où il fallait ne plus sortir n’a pas trouvé son public au moment où je l’attendais ! Voici qu’elle est maintenant distribuée et qu’elle peut nous inspirer.
 
Ces quatre mots se trouvent donc dans le titre : serviteurs joyeux et créatifs de la mission de l’Église. Pour vous j’en ajoute un, naturellement : mission éducative.  
 
Comme l’a souvent dit Paul Malartre, Secrétaire général de l’Enseignement catholique jusqu’en 2007 et récemment décédé, notre école est catholique par son projet ; c’est-à-dire qu’elle est conçue pour se proposer à tous, et pour rejoindre chacun au plus profond de son être, là où Dieu se fait entendre et se rend disponible. Éduquer, conduire chacun hors de soi pour aller à la rencontre des autres et du Maître de la vie ne peut se vivre que dans la liberté : la réponse de chacun demeure libre, mais la proposition d’écouter la voix de l’évangile et la Parole du Christ nous incombe. 
 
 
- Il me paraît assez clair que la période vécue au printemps dernier nous a révélé que nos contemporains, surpris par cet événement planétaire, ont cherché au plus profond d’euxmêmes des ressources pour dominer les peurs et pour croire l’avenir ouvert. C’est de plus en plus le moment de « rendre compte de l’espérance qui est en nous, mais avec douceur et respect » (1ère lettre de l’Apôtre Pierre, 3,15) de façon à ce que le témoignage en parole soit vraiment doublé du comportement qui le rende crédible. Notre tâche pédagogique et notre mission éducative apparaissent dans leur clarté : la réussite scolaire nous importe bien sûr, mais nous ne sommes pas faits pour fabriquer des numéros 1 à la demande ; notre excellence
consiste à faire grandir des personnes désireuses d’une humanité pacifique, fraternelle et reconnaissante.
 
- Ce sont donc surtout des serviteurs que nous voulons former. Je sais que pendant le temps du confinement, alors que vous, les enseignants, vous prépariez des enseignements à donner par internet, vous aviez surtout le souci des jeunes et de ceux qui se manifestaient le moins, de ceux qui semblaient ne pas répondre, ne pas suivre. Je sais aussi que vous avez été surpris, au retour dans les classes, par des remerciements auxquels vous ne vous attendiez pas et qui manifestaient qu’il y avait eu davantage de suivi que vous ne le pensiez. Et cela a réagi sur le corps tout entier de notre institution, cela a manifesté que dans l’Enseignement catholique on se souciait des personnes et de leur devenir encore mieux que des programmes … L’attention à chacun est devenue à nos yeux, lors de la crise sanitaire, prioritaire parmi nos missions : nous avons maintenant l’occasion de continuer à œuvrer dans ce sens … Vivant cette mission comme des serviteurs, puissiez-vous avoir fait naître des vocations de serviteurs.
 
- Et qu’ils soient joyeux et créatifs ! C’est un refrain pour moi, qui correspond à ma devise, choisie il y a vingt ans lorsque je suis devenu évêque en 2000. C’est un refrain du Pape François dont vous avez remarqué que la plupart des grands textes de son pontificat soulignent la joie qui naît au contact du Christ et de l’Évangile. Quand on a découvert la puissance attractive de sa parole juste et véridique, de ses gestes qui font vivre, de son attention qui donne toute sa dignité à celui qu’il regarde, alors on peut être rempli d’un désir nouveau qui s’épanouit en créativité. Dans la période que nous venons de vivre, l’inventivité a été maximale pour s’intéresser à ceux que l’on oublie le plus souvent (les professions indispensables) et à ceux qui restaient isolés. On a noté le paradoxe selon lequel l’obligation de rester chez soi n’a pas vraiment développé un quant-à-soi toujours possible, mais plutôt engendré un réel besoin de fraternité. 
 
Pourvu que notre Enseignement catholique soit davantage encore un lieu source pour un service joyeux et créatif de la mission éducative que nous avons reçue. 
 
Je vous redis, avec mes encouragements en ce début d’année, ma joie d’être avec vous au service de cette mission, et vous souhaite une belle année où l’on puisse dépasser les peurs qui ressurgissent et cultiver ensemble le goût de la relation fraternelle. 
 
Que le Seigneur vous bénisse, vous et tous ceux que vous rencontrerez.
 
  
 
 
† Laurent Ulrich, Président du conseil épiscopal de l’enseignement catholique

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